Deux drones explosifs lancés depuis le territoire iranien ont visé dans la nuit de dimanche à lundi le bureau privé du Premier ministre du Kurdistan Bashur, Masrour Barzani, ainsi que la résidence du directeur du Conseil de sécurité de la Région du Kurdistan, dans le district de Pirmam, près de Hewlêr. Aucun blessé n’a été signalé.

Selon la Direction générale de la lutte antiterroriste du Kurdistan, citée par Rudaw, les deux appareils étaient des drones explosifs de type Hadid-110 et ont été lancés « depuis le côté iranien de la frontière ». Les autorités kurdes ont qualifié l’attaque de totalement inacceptable et averti que ses auteurs porteraient la responsabilité de ses conséquences.

Masrour Barzani a lui-même dénoncé une « dangereuse escalade » constituant une menace directe contre la sécurité et la stabilité du Kurdistan Bashur. Le Premier ministre a assuré que ces attaques ne détourneraient pas son gouvernement de ses fonctions ni de la protection de la population.

Un acte terroriste intervenant dans un contexte de fortes tensions entre Téhéran et le Kurdistan Bashur

Quelques jours auparavant, Masrour Barzani avait affirmé à Al Jazeera que Hewlêr ne souhaitait pas être entraîné dans la guerre entre les États-Unis et l’Iran et avait qualifié d’injustifiées les attaques menées contre le Kurdistan par l’Iran et ses relais armés en Irak.

D’après le décompte de Rudaw, le territoire kurde aurait subi plus de 1 000 attaques imputées à Téhéran ou à des groupes armés irakiens, ayant fait 32 morts et 154 blessés.

Le régime de Khamenei n’avait pas revendiqué ni commenté cette nouvelle attaque au moment de la dernière actualisation de Rudaw. Il faut donc distinguer le fait établi par les autorités kurdes – le lancement des drones depuis le territoire iranien – d’une éventuelle implication directe des autorités iraniennes, qui n’est à ce stade pas démontrée publiquement.

Cependant, il est peu probable que cet acte ne relève pas du régime islamique ou de l’une de ses milices affiliées. Dans ce cas, la responsabilité incombe au CGRI (Gardiens de la Révolution) ou à une autre entité du régime islamique de Téhéran.

Soutien du Rojava

Au Kurdistan Rojava, le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdî, a rapidement exprimé son soutien aux autorités du Kurdistan Bashur. Il a déclaré être solidaire « du gouvernement et du peuple du Kurdistan irakien » et a fermement condamné l’attaque visant le bureau du Premier ministre, la qualifiant d’« inacceptable ».

Dans une déclaration également rapportée par Kurdistan24, Mazloum Abdî a présenté l’attaque de Pirmam comme une agression contre la volonté de la population de la Région et contre une composante institutionnelle de l’État irakien.

Cette prise de position marque une nouvelle manifestation de solidarité entre les directions kurdes du Rojava et du Bashur face aux attaques extérieures, alors que la Région du Kurdistan affirme depuis plusieurs mois ne vouloir prendre part à aucune confrontation régionale tout en subissant régulièrement des frappes de drones et de missiles.

Références :