Selon une enquête de CNN, Israël a secrètement déployé en Azerbaïdjan – l’occupation turque dans le Caucase – des unités militaires d’élite, des forces spéciales, des agents du Mossad et des personnels de renseignement pendant la guerre contre l’Iran. Ces forces ont opéré depuis plusieurs sites situés dans le sud du pays, près de la frontière iranienne, afin de mener des missions de collecte d’information, d’opérations de drones et d’appui aux frappes israéliennes contre la République islamique.

L’enquête repose sur quatre sources proches du dossier. Deux d’entre elles indiquent que les forces israéliennes étaient positionnées dans plusieurs zones du sud azerbaïdjanais, dont certaines à environ 60 miles, soit 96 kilomètres, de Tabriz, grande ville du nord-ouest iranien frappée par Israël pendant la guerre.

Des commandos spécialisés auraient été déployés sur place pour conduire des missions de renseignement et opérer des drones. L’opération impliquait plusieurs dizaines de combattants et de personnels, dont des membres des forces spéciales israéliennes, une unité d’élite héliportée de combat et de sauvetage, ainsi que des agents du Mossad.

Ces forces avaient d’abord été conçues comme des équipes de secours en cas d’urgence, notamment pour d’éventuelles opérations de récupération. Leur rôle a ensuite été élargi à des positions militaires et de renseignement plus permanentes pendant la guerre. Le média américain rapporte également qu’une opération lancée depuis l’Azerbaïdjan a visé Rahman Moghdam, responsable de la direction du renseignement des Gardiens de la révolution islamique. Israël l’accusait d’avoir planifié la tentative d’assassinat de Donald Trump en 2024.

Le déploiement en Azerbaïdjan s’inscrivait dans un réseau régional plus large. Israël aurait également maintenu des positions dans d’autres pays autour de l’Iran, notamment en Irak, aux Émirats arabes unis et au Somaliland. Ce dispositif plaçait des forces israéliennes sur les périphéries nord, ouest et sud de l’Iran, augmentant de plusieurs centaines de kilomètres la profondeur opérationnelle de Tsahal et du renseignement israélien.

En Irak, l’armée israélienne aurait disposé de deux installations secrètes pendant une partie de la guerre, utilisées pour le soutien logistique et les opérations de secours si nécessaire. L’armée irakienne a affirmé de son côté qu’il n’existait aucune base ou force non autorisée sur son territoire.

Aux Émirats arabes unis, Israël avait déployé une batterie Iron Dome et une équipe de défense aérienne, information déjà rapportée par Axios. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le chef du Mossad et le chef d’état-major israélien se seraient également rendus aux Émirats pendant la guerre, ce que les autorités émiraties ont fermement démenti.

Concernant le Somaliland, le territoire aurait offert à Israël une position militaire supplémentaire, pouvant servir de point d’appui ou d’escale potentielle pour des appareils engagés dans des vols longue distance vers l’Iran.

L’Azerbaïdjan rejette officiellement les accusations selon lesquelles son territoire aurait servi à des opérations contre un pays tiers. L’ambassade d’Azerbaïdjan à Washington a déclaré : « We firmly reject unfounded claims regarding the alleged use of Azerbaijan’s territory for operations against third countries. »

Contexte explosif

Le 5 mars 2026, l’Azerbaïdjan a accusé l’Iran d’avoir lancé quatre drones contre l’exclave de Nakhitchevan. Selon Reuters, l’attaque a fait quatre blessés et endommagé des infrastructures, dont l’aéroport international de Nakhitchevan. L’Iran a nié toute implication, tandis que Bakou a fermé temporairement une partie de son espace aérien et suspendu certains passages de fret depuis l’Iran.

La révélation donne une lecture stratégique nouvelle de cette séquence. Si Israël opérait depuis le sud de l’Azerbaïdjan, l’Iran faisait face à une pression directe sur son flanc nord, dans une région sensible située au contact de l’Azerbaïdjan iranien et de Tabriz. Pour Téhéran, une présence israélienne dans le Caucase constitue une menace militaire, politique et symbolique.

Pour Israël, l’intérêt de l’Azerbaïdjan est évident. Le pays offre une proximité géographique exceptionnelle avec le nord-ouest iranien, une capacité de surveillance directe, un point d’appui pour les drones et un axe opérationnel complémentaire aux dispositifs situés dans le Golfe, en Irak ou plus au sud. L’Azerbaïdjan permet ainsi à Israël d’approcher l’Iran depuis le nord, au lieu de dépendre uniquement de ses propres bases, de ses alliés du Golfe ou de ses réseaux clandestins internes.

Cette affaire confirme que la guerre entre Israël et l’Iran ne s’est pas limitée à des frappes aériennes classiques. Elle a reposé sur une architecture régionale clandestine, faite de positions avancées, de renseignement, de forces spéciales, de drones, de moyens de sauvetage et de coopérations discrètes avec des États situés autour de l’Iran.

Elle confirme aussi le rôle croissant du Caucase du Sud dans la confrontation régionale. L’Azerbaïdjan, allié de la Turquie, partenaire militaire d’Israël, voisin de l’Iran et acteur énergétique majeur, devient l’un des points de friction les plus sensibles entre Tel-Aviv et Téhéran.

Si les informations rapportées sont exactes, Bakou a joué un rôle beaucoup plus important qu’officiellement reconnu dans la guerre contre l’Iran. L’Azerbaïdjan aurait servi de plateforme avancée à Israël sur le flanc nord de la République islamique, transformant le Caucase en front indirect de la confrontation entre Israël et l’Iran.

L’affaire illustre aussi la relation ambiguë qu’entretient Israël avec les colons turcs. Il n’y a toujours pas de rupture claire entre les mondes sioniste et turc, malgré l’hostilité des islamistes turcs (en grande partie fréristes).

Références