
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio est à Athènes ce mercredi 7 octobre pour le sixième Dialogue stratégique Grèce–États-Unis, consacré notamment à la défense, à la sécurité régionale, à l’énergie, aux investissements, aux technologies et aux relations économiques entre les deux pays. Il doit rencontrer le ministre grec des Affaires étrangères Giorgos Gerapetritis ainsi que le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis.
La visite intervient dans un contexte d’approfondissement continu de la coopération militaire gréco-américaine. Plusieurs accords concernant l’acquisition ou le soutien de systèmes américains sont attendus, notamment autour des futurs F-35 grecs, des F-16 Viper, ainsi que des hélicoptères Black Hawk et MH-60R. Washington considère parallèlement la Grèce comme un allié important de l’OTAN et comme un acteur stratégique croissant en Méditerranée orientale et dans les Balkans, notamment dans le domaine énergétique.
Mais Marco Rubio a également choisi de donner à sa visite une dimension civilisationnelle. Le secrétaire d’État doit prononcer dans la journée un discours à proximité de l’Acropole, depuis la Pnyx, lieu emblématique de la démocratie athénienne antique, afin d’appeler les États-Unis et l’Europe à renouer avec les fondements historiques de la civilisation occidentale.
Le département d’État présente ce discours comme un appel à une « grande renaissance de l’esprit occidental », dont l’héritage s’étend d’Athènes et de Rome jusqu’à la fondation des États-Unis.
Rubio a notamment déclaré :
« Notre relation repose non seulement sur une histoire commune, mais sur des liens durables avec la famille, la culture, la religion. Nous partageons un héritage commun. Nous sommes redevables à la Grèce antique d’avoir façonné non seulement notre pays, mais, franchement, notre civilisation. »
Cette reconnaissance explicite de la place de la Grèce antique comme matrice intellectuelle et politique de l’Occident accompagne une relation bilatérale désormais structurée autour d’intérêts stratégiques très concrets : défense, sécurité maritime, énergie, investissements américains et rôle de la Grèce comme point d’ancrage occidental en Méditerranée orientale.
Pour Athènes, la visite permet ainsi de conjuguer deux dimensions : la consolidation d’un partenariat militaire et diplomatique avec Washington, et la réaffirmation, par le chef de la diplomatie américaine lui-même, de la centralité historique de la Grèce dans l’héritage civilisationnel partagé entre Europe et États-Unis.