L’ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, vient de prendre publiquement une position directement contradictoire avec la politique officielle fixée par le président Donald Trump sur le plateau du Golan.

Lors d’un entretien avec Mario Nawfal, largement relayé vendredi et samedi par des canaux turcs et syriens, Barrack a présenté Israël comme occupant toujours le Golan et affirmé que l’ordre international considère ce territoire comme syrien. Cette dernière affirmation correspond effectivement à la position de l’ONU, mais pas à celle des États-Unis qu’il représente : Washington reconnaît officiellement la souveraineté israélienne sur le Golan.

Cette contradiction est particulièrement nette puisque cette politique américaine n’est pas une simple déclaration diplomatique ancienne. Le 25 mars 2019, Donald Trump a signé à la Maison-Blanche une proclamation présidentielle formelle déclarant que « les États-Unis reconnaissent que le plateau du Golan fait partie de l’État d’Israël ». Le texte justifiait cette décision notamment par les impératifs de sécurité israéliens face à la Syrie, à l’Iran et au Hezbollah.

Surtout, Trump a réaffirmé cette orientation depuis son retour à la Maison-Blanche. Dans un message présidentiel publié en décembre 2025, il a explicitement cité parmi les réalisations diplomatiques de son premier mandat la reconnaissance de la « souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan ». Il n’existe donc pas, à ce stade, de décision présidentielle publique annulant la proclamation de 2019 : Barrack s’exprime sur ce point en contradiction avec la position officielle de l’administration dont il est l’émissaire.

L’épisode s’inscrit dans une série de prises de position de Barrack très favorables à régime d’occupation turque en Anatolie et au nouveau pouvoir djihadiste de Damas issu de l’ancienne branche d’Al-Qaeda en Syrie : HTS. Après les frappes israéliennes du 18 août contre la base syrienne d’Abu al-Duhur, où Israël entend empêcher une implantation militaire turque susceptible de menacer sa liberté d’action aérienne, Barrack a dénoncé une « escalade inutile » israélienne et défendu publiquement le comportement de la Turquie et de Damas.

Dans ses interviews les plus récentes, il va plus loin : Barrack décrit l’armée turque comme « très bonne » et « très puissante », affirme que les responsables turcs ne sont « pas agressifs » envers Israël et présente l’ascension régionale de la Turquie comme « une excellente chose » pour Ankara. Il a même évoqué comme hypothèse qu’Israël ait volontairement cherché à « provoquer les Turcs » lors de ses frappes près de la frontière, rappelant qu’Ankara avait abattu un Su-24 russien en 2015.

Barrack a parallèlement affirmé sur PBS que ni la Turquie ni Damas n’avaient manifesté d’intention agressive et appelé Israël à discuter directement avec Ankara plutôt qu’à agir militairement de manière unilatérale. Washington cherche désormais, sous son impulsion, à mettre en place un mécanisme de déconfliction tripartite Israël–Turquie–Syrie.

Le problème dépasse donc une divergence rhétorique : un représentant de l’administration Trump dénonce désormais publiquement, sur une question territoriale majeure, une position opposée à une proclamation présidentielle américaine toujours en vigueur, tout en multipliant les prises de position favorables à Ankara et au nouveau régime djihadiste syrien.

L’influenceuse américaine Laura Loomer déclare : « Tom Barrack est sans conteste l’ambassadeur le plus retardé nommé par le président Trump. Il devrait démissionner pour son manque de compréhension de la politique étrangère américaine (…) ce comportement de Tom Barrack est totalement inacceptable et il devrait être forcé de démissionner », accusant Barrack d’être compromis par l’argent.

Références :