Le président iranien Masoud Pezeshkian a appelé vendredi 21 août à mettre fin à la guerre avec les États-Unis tant que l’Iran estime encore disposer d’une position favorable. Selon ses propos rapportés par l’agence iranienne ISNA, il serait préférable de terminer le conflit maintenant, alors que le pays se trouve selon lui dans une situation de « puissance et de dignité ».

La formulation est importante : dans le discours iranien, il ne s’agit pas d’un appel à la capitulation face aux sanctions américaines. Pezeshkian affirme au contraire que « le monde reconnaît notre victoire », en présentant la résistance de l’Iran aux bombardements américains et israéliens ainsi que sa capacité de riposte comme la raison même pour laquelle un règlement pourrait aujourd’hui être conclu sans apparaître comme une défaite.

Le président iranien défend également le mémorandum d’Islamabad conclu en juin avec Washington. Il récuse l’idée selon laquelle cet accord aurait comporté des concessions iraniennes majeures. Le texte, tel qu’il avait été publié par l’agence officielle IRNA, prévoyait notamment une cessation des opérations militaires sur les différents fronts et l’engagement des parties à ne plus recourir à la force.

Pezeshkian avait déjà précisé début août que l’Iran était disposé au dialogue, mais pas au démantèlement de ses capacités militaires ou défensives. Il avait aussi affirmé que les décisions de négocier avaient été prises avec l’accord des institutions de sécurité iraniennes et que le gouvernement, les forces armées et la direction du pays agissaient de manière coordonnée.

Cette ligne est également défendue, avec des nuances, par le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf. Celui-ci affirme que le mémorandum d’Islamabad avait constitué un recul américain par rapport aux demandes initiales de Washington : selon lui, les États-Unis souhaitaient au départ imposer des restrictions sur les missiles iraniens, le programme nucléaire, le soutien iranien à l’« Axe de la Résistance » et le détroit d’Ormuz, alors que le texte finalement signé ne reprenait pas ces exigences sous cette forme.

Mais la déclaration de Pezeshkian provoque aussi une controverse interne. Les secteurs les plus durs de l’appareil iranien considèrent qu’afficher trop explicitement la volonté de mettre fin à la guerre pourrait être interprété par Washington comme un signe de faiblesse. Le média Fars, proche des Gardiens de la révolution, a ainsi critiqué cette approche, estimant qu’une posture jugée conciliante risque d’encourager de nouvelles pressions américaines plutôt que de conduire Washington à faire des concessions.

Dans le même temps, les responsables civils chargés de l’économie mettent de plus en plus ouvertement en avant le coût de la guerre. Pezeshkian a reconnu les difficultés liées à l’inflation et aux pénuries, tout en reprochant à certains critiques de sous-estimer les contraintes imposées au gouvernement par le conflit.

La stratégie présidentielle peut donc être résumée ainsi : transformer les capacités militaires et la résistance iraniennes en levier permettant de sortir du conflit avant que la situation économique ne se dégrade davantage, sans accepter de règlement qui remettrait en cause la souveraineté, les missiles ou les capacités défensives du pays.

Cette position reste cependant disputée à Téhéran. Pezeshkian et une partie de l’appareil politique privilégient une sortie négociée depuis ce qu’ils présentent comme une position de force, tandis que certains responsables militaires considèrent que les États-Unis doivent d’abord démontrer concrètement qu’ils respecteront leurs engagements. Le précédent mémorandum est précisément au cœur de cette méfiance, Téhéran accusant Washington et Israël d’avoir violé l’esprit ou les dispositions des arrangements antérieurs

Références