Le sénateur républicain Lindsey Graham est mort samedi 11 juillet au soir, à l’âge de 71 ans, des suites d’une maladie décrite par son équipe comme « brève et soudaine ». La nature exacte de cette maladie n’a pas été communiquée.

Né le 9 juillet 1955 à Central, en Caroline du Sud, Lindsey Graham avait grandi dans un milieu modeste. Orphelin à l’âge de 21 ans après la mort de ses deux parents à quelques mois d’intervalle, il avait élevé sa sœur cadette tout en poursuivant ses études. Diplômé en droit de l’Université de Caroline du Sud, il avait ensuite servi comme officier dans l’US Air Force, notamment comme avocat militaire (JAG), avant de poursuivre une carrière dans la réserve jusqu’au grade de colonel.

Entré en politique dans les années 1990, Graham avait été élu à la Chambre des représentants en 1994, dans le sillage de la « révolution républicaine » menée par Newt Gingrich. Il y avait siégé jusqu’en 2002, avant d’être élu au Sénat, où il représentait la Caroline du Sud depuis janvier 2003. Il s’était imposé comme une figure influente du Parti républicain, notamment sur les questions de défense et de politique étrangère.

Longtemps associé à l’aile interventionniste du parti, proche du sénateur John McCain dont il fut un allié fidèle, Graham défendait une politique étrangère active, favorable à l’usage de la puissance militaire américaine pour soutenir les alliés de Washington et contenir ses adversaires. Initialement critique de Donald Trump lors de la campagne de 2016, il était ensuite devenu l’un de ses soutiens les plus constants au Sénat, jouant un rôle clé dans la défense de ses positions, notamment lors des procédures de destitution.

Au Sénat, Graham avait présidé la commission judiciaire (Senate Judiciary Committee), où il s’était illustré dans les débats sur les nominations à la Cour suprême et les questions de justice fédérale. Il était également membre influent des commissions des forces armées et du budget.

Sur le plan international, il défendait une ligne solide contre l’Iran et la Russie, un soutien militaire durable à Israël et à l’Ukraine, ainsi que le maintien des alliances nouées par Washington contre l’État islamique.

Pour les Kurdes, Lindsey Graham restera principalement associé à sa défense des Forces démocratiques syriennes (FDS) et du Rojava. Il considérait les FDS comme un partenaire décisif des États-Unis dans la destruction du califat territorial de l’État islamique et avertissait régulièrement qu’un abandon des Kurdes compromettrait la crédibilité américaine et favoriserait une résurgence djihadiste.

  • En janvier 2026, face aux attaques des forces turco-djihadistes de Damas et Ankara contre les FDS, Graham avait présenté avec le sénateur démocrate Richard Blumenthal le « Save the Kurds Act ». Ce texte prévoyait notamment :
  • Des sanctions contre les responsables et institutions financières du gouvernement syrien impliqués dans les attaques contre les FDS ;
  • Des sanctions contre les acteurs étrangers apportant une assistance militaire ou financière à Damas ;
  • La reconnaissance officielle du rôle des FDS dans la défaite territoriale de l’État islamique ;
  • La nouvelle désignation de Hayat Tahrir al-Sham comme organisation terroriste étrangère ;
  • Le rétablissement immédiat des sanctions en cas de reprise des attaques contre les forces kurdes et leurs partenaires.

Graham avait alors averti les gouvernements et groupes estimant pouvoir attaquer librement les Kurdes de Syrie : « À ceux qui pensent que la chasse aux Kurdes est ouverte en Syrie et qu’il n’y aura aucune conséquence, vous vous trompez lourdement. »

Il affirmait qu’un soutien bipartisan existait au Congrès pour protéger les Kurdes, en raison de leur fiabilité comme alliés des États-Unis et du rôle central joué par les FDS dans les combats contre l’État islamique.

En février 2026, Graham avait également participé à des rencontres avec Nechirvan Barzani, le commandant général des FDS Mazloum Abdi et la responsable diplomatique du Rojava Ilham Ahmed.

Les discussions avaient porté sur les droits des Kurdes de Syrie, la protection des composantes du pays et l’intégration négociée des institutions du Rojava dans un futur système syrien.

Masoud Barzani a rendu hommage à celui qu’il présente comme un ami constant du peuple kurde :
« C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès de mon cher ami, le sénateur Lindsey Graham. Son nom et son soutien indéfectible aux droits légitimes du peuple du Kurdistan resteront toujours gravés, avec un profond respect, dans la mémoire du peuple du Kurdistan. »
Masoud Barzani a également adressé ses condoléances à la famille du sénateur, à ses proches ainsi qu’au peuple et au gouvernement des États-Unis.

Au moment de cette publication, aucune déclaration officielle attribuable avec certitude à Mazloum Abdi, Ilham Ahmed, aux FDS ou à l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie n’avait encore été retrouvée. Graham entretenait néanmoins des contacts directs avec les dirigeants du Rojava et était devenu, au cours des derniers mois, l’un de leurs principaux soutiens au Sénat américain.

Références :