Le 18 juin 2026, au dernier jour de son mandat comme Directrice du renseignement national des États-Unis, Tulsi Gabbard a publié une série de communications et de documents déclassifiés portant sur l’une des affaires les plus sensibles de l’après-Covid : le financement américain de recherches sur les coronavirus de chauve-souris à Wuhan, le rôle du Dr Anthony Fauci, l’hypothèse de la fuite de laboratoire et les mécanismes institutionnels qui auraient servi à imposer le récit d’une origine naturelle.

Ariopol salue ici le courage politique de Tulsi Gabbard. Face à l’appareil bureaucratique, médiatique et sanitaire qui a verrouillé le débat pendant des années, elle agit en patriote : non pas en protégeant les institutions contre la vérité, mais en rappelant qu’une institution qui ment au peuple trahit précisément la mission pour laquelle elle existe.

Une déclassification politique majeure

Le communiqué publié par l’Office of the Director of National Intelligence affirme que, avant la pandémie, Anthony Fauci, alors directeur du National Institute of Allergy and Infectious Diseases, a fourni des millions de dollars issus du contribuable américain pour financer des recherches dangereuses de type gain de fonction sur des coronavirus de chauve-souris à l’Institut de virologie de Wuhan.

L’ODNI va plus loin : les documents publiés montreraient que Fauci aurait travaillé avec des éléments politisés de la communauté du renseignement afin de supprimer la vérité sur ses actions, de minimiser ou d’enterrer l’hypothèse de la fuite de laboratoire, et de consolider publiquement le récit d’une origine naturelle du SARS-CoV-2.

Selon Tulsi Gabbard, ces documents révèlent également que Fauci aurait menti au Congrès en 2024 lorsqu’il nia, sous serment, avoir eu connaissance ou avoir participé à des discussions avec des responsables du renseignement au sujet de la recherche virale liée au Covid.

Il ne s’agit donc pas seulement d’un débat scientifique sur l’origine du virus. Il s’agit d’une affaire d’État : financement public, laboratoire chinois, recherche risquée, bureaucratie sanitaire, renseignement, censure, conflits d’intérêts, témoignage au Congrès et responsabilité politique devant le peuple.

Le circuit financier : NIAID, EcoHealth Alliance, Wuhan

Le cœur matériel de l’affaire repose sur un grant fédéral américain : R01AI110964, intitulé Understanding the Risk of Bat Coronavirus Emergence. Ce financement dépendait du National Institute of Allergy and Infectious Diseases, l’institut dirigé par Anthony Fauci.

Le bénéficiaire officiel était EcoHealth Alliance, organisation dirigée par Peter Daszak, déjà connue pour ses collaborations avec l’Institut de virologie de Wuhan. Le registre fédéral HHS/TAGGS indique un montant total de 3 537 360 dollars pour ce programme.

Ce point est essentiel : il ne signifie pas que l’intégralité de cette somme a été versée directement au laboratoire de Wuhan, mais il établit que l’argent public américain a financé un programme EcoHealth portant sur les coronavirus de chauve-souris, programme qui impliquait des travaux et des collaborations en lien avec le WIV.

Le résumé officiel du projet mentionne explicitement l’étude de coronavirus SARS-related, leur capacité à utiliser le récepteur ACE2, leur potentiel d’infection de cellules humaines, l’analyse de génomes de coronavirus de chauve-souris, les risques de recombinaison, les événements de spillover et les capacités d’échappement à certaines thérapies ou vaccins.

L’enjeu est donc clair : les États-Unis n’ont pas seulement financé une recherche abstraite de surveillance. Ils ont financé un écosystème scientifique international travaillant sur des virus capables, précisément, de franchir la barrière d’espèce et d’interagir avec les cellules humaines.

Le point central : le gain de fonction

Le débat sur le gain de fonction a longtemps été obscurci par des distinctions techniques utilisées pour neutraliser la polémique.

Au sens large, le gain de fonction désigne une recherche qui donne à un agent biologique une capacité nouvelle ou renforcée : infectiosité accrue, transmissibilité, pathogénicité, capacité d’entrée cellulaire, échappement immunitaire ou modification fonctionnelle significative.

Au sens réglementaire plus étroit, Fauci et le NIH ont souvent renvoyé au cadre P3CO, qui concerne les recherches sur des pathogènes pandémiques potentiels renforcés répondant à des critères administratifs précis.

C’est cette distinction qui a permis à Fauci de nier publiquement avoir financé du gain de fonction à Wuhan, tout en laissant subsister une réalité beaucoup plus problématique : selon les rapports parlementaires américains, les expériences EcoHealth/WIV entraient bien dans une définition générique et scientifique du gain de fonction, même si elles pouvaient être contestées au regard de la définition réglementaire la plus étroite.

Le rapport de la sous-commission parlementaire américaine sur la pandémie indiquait déjà que des responsables du NIH avaient reconnu qu’une partie des recherches correspondait à la définition large du gain de fonction. Le problème est donc moins seulement scientifique que politique : le public a-t-il été informé loyalement, ou a-t-il été trompé par une bataille de définitions ?

EcoHealth Alliance : l’intermédiaire décisif

EcoHealth Alliance occupe une place centrale dans le dossier. Cette organisation a servi d’intermédiaire entre les fonds publics américains et des recherches menées en collaboration avec Wuhan.

Son président, Peter Daszak, n’est pas seulement un administrateur de programme. Il fut aussi l’un des acteurs publics du débat sur l’origine du Covid, apparaissant comme défenseur de l’hypothèse zoonotique et critique de la thèse de la fuite de laboratoire.

C’est là que surgit le conflit d’intérêts majeur : ceux qui avaient participé à l’écosystème de recherche financé par les États-Unis et lié au WIV ont ensuite pris part au cadrage public du débat sur l’origine du virus. Autrement dit, des acteurs potentiellement exposés à une responsabilité institutionnelle ont contribué à définir ce qu’il était permis ou non de considérer comme hypothèse sérieuse.

La commission parlementaire américaine avait déjà reproché à EcoHealth Alliance ses manquements de reporting et de conformité. L’ODNI, avec la publication Gabbard, ajoute désormais une dimension plus lourde : la possible articulation entre financement, récit scientifique et influence sur le renseignement.

Wuhan : un laboratoire au cœur du risque

L’Institut de virologie de Wuhan était l’un des principaux centres chinois travaillant sur les coronavirus de chauve-souris. Les évaluations américaines antérieures reconnaissaient déjà que l’hypothèse d’un incident lié au laboratoire était plausible, même si les agences divergeaient sur le degré de probabilité.

Le rapport déclassifié de l’ODNI de 2021 affirmait que deux hypothèses restaient plausibles : l’exposition naturelle à un animal infecté et l’incident associé à un laboratoire. Il notait aussi qu’un élément de la communauté du renseignement jugeait avec une confiance modérée que la première infection humaine résultait probablement d’un incident lié au WIV, possiblement par expérimentation, manipulation animale ou échantillonnage.

Ce rapport reconnaissait également que les travaux sur les coronavirus à Wuhan étaient intrinsèquement risqués et que les chercheurs du WIV avaient collecté ou manipulé des virus apparentés à ceux qui pouvaient être liés au SARS-CoV-2. Il soulignait aussi que plusieurs chercheurs du WIV auraient présenté des symptômes compatibles avec le Covid à l’automne 2019, sans que ce point soit jugé diagnostique à lui seul.

La publication Gabbard s’inscrit donc dans une évolution progressive : ce qui fut d’abord exclu ou ridiculisé comme théorie complotiste est désormais une hypothèse institutionnellement reconnue, puis, selon l’ODNI 2026, une piste qui aurait été activement étouffée.

«Proximal Origin» : l’article scientifique devenu instrument politique

L’un des éléments centraux du dossier est l’article The Proximal Origin of SARS-CoV-2, publié en 2020. Cet article a joué un rôle décisif dans la construction du récit public selon lequel l’origine naturelle du virus était la thèse scientifique dominante, tandis que la fuite de laboratoire serait une spéculation marginale ou conspirationniste.

La publication de l’ODNI affirme que Fauci aurait contribué à susciter ou promouvoir cet article et l’aurait ensuite présenté comme une référence légitime auprès de la communauté du renseignement.

C’est un point considérable. Si un article scientifique, présenté au public comme indépendant, a été produit dans un contexte de pression institutionnelle et ensuite utilisé pour orienter des évaluations de renseignement, alors le débat public n’a pas été simplement mal informé : il a été structuré par un dispositif d’autorité circulaire.

Le mécanisme dénoncé par Gabbard est le suivant : des scientifiques liés ou recommandés par Fauci produisent ou soutiennent une lecture naturaliste ; cette lecture est intégrée par des analystes du renseignement ; puis ces évaluations sont invoquées publiquement comme validation indépendante. La boucle se referme sur elle-même.

La boucle Fauci-renseignement : expertise ou manipulation ?

L’ODNI affirme que Fauci a fourni à la communauté du renseignement des experts financés ou liés au NIAID, et que ces experts ont influencé les évaluations officielles sur l’origine du Covid.

Selon le communiqué, les recommandations de Fauci auraient été très largement incorporées par la communauté du renseignement. Des analystes auraient considéré Fauci non comme un acteur institutionnel intéressé, mais comme un guide neutre permettant d’identifier les « vrais experts » du coronavirus.

C’est précisément ce que Tulsi Gabbard dénonce : la confusion entre expertise et pouvoir. Fauci n’était pas un simple savant extérieur au système. Il était le directeur d’un institut impliqué dans le financement d’un réseau de recherche directement lié au sujet examiné. S’il a orienté le choix des experts, l’évaluation du renseignement n’était plus pleinement indépendante.

L’accusation de Gabbard est donc lourde : Fauci aurait utilisé sa position pour protéger son propre rôle institutionnel, détourner l’attention de la piste du laboratoire et faire entériner par le renseignement un récit qui le mettait lui-même à l’abri.

Le mensonge présumé au Congrès

Le communiqué ODNI accuse également Fauci d’avoir menti au Congrès en 2024. Lors d’un témoignage sous serment devant la sous-commission de la Chambre sur la pandémie, il aurait été interrogé sur d’éventuelles discussions avec le FBI, la CIA, la DIA ou d’autres agences américaines de renseignement concernant la recherche virale.

Fauci aurait fini par répondre, en substance, qu’il n’avait pas connaissance de telles discussions au sujet du Covid.

Or, selon l’ODNI, les communications désormais publiées contredisent directement cette affirmation. Si cette contradiction est juridiquement établie, il ne s’agira plus seulement d’une erreur de communication ni d’un désaccord scientifique : il s’agira d’un possible faux témoignage devant le Congrès des États-Unis.

C’est pourquoi la publication du 18 juin 2026 ouvre potentiellement une nouvelle séquence judiciaire et parlementaire. Elle déplace le dossier du terrain de la polémique vers celui de la responsabilité institutionnelle.

Les lanceurs d’alerte et la répression interne

Un autre volet des révélations concerne les lanceurs d’alerte au sein de la communauté du renseignement.

Selon Tulsi Gabbard, plusieurs témoignages recueillis par l’ODNI indiquent que des analystes contestant l’orientation officielle vers l’origine naturelle auraient été marginalisés, menacés ou pénalisés dans leur carrière.

Le communiqué évoque notamment le cas d’un contractuel licencié quelques jours après s’être présenté comme lanceur d’alerte ; des responsables auraient rappelé à des analystes favorables à l’hypothèse du laboratoire que les promotions dépendaient de la hiérarchie ; d’autres obstacles auraient été mis en place pour décourager les plaintes anonymes, notamment par la présence imposée de managers ou d’avocats lors de réunions avec l’ODNI.

Ces éléments montrent que l’affaire ne porte pas seulement sur Fauci. Elle révèle une pathologie plus profonde de l’État administratif américain : lorsqu’un récit institutionnel est décidé, ceux qui posent les mauvaises questions peuvent être traités comme des dissidents internes.

Le rôle de la censure et de la fabrication du consensus

Pendant plusieurs années, la thèse de la fuite de laboratoire fut publiquement disqualifiée, associée au complotisme, à la désinformation ou à la propagande étrangère. Des plateformes numériques ont limité ou supprimé des contenus la défendant. Des médias ont traité cette hypothèse comme politiquement suspecte avant de devoir la réexaminer.

Le dossier Gabbard éclaire cette séquence sous un jour plus grave : la marginalisation de la thèse du laboratoire n’aurait pas été seulement le résultat d’un consensus scientifique spontané, mais aussi celui d’une stratégie institutionnelle de contrôle du récit.

Le problème n’est pas que des scientifiques aient défendu l’hypothèse naturelle. Le problème est que l’hypothèse concurrente, pourtant plausible, aurait été écartée non par la preuve mais par l’autorité, la pression, le classement moral des opinions et la discipline bureaucratique.

Dans une démocratie saine, une hypothèse plausible sur l’origine d’une pandémie mondiale ne doit pas être censurée. Elle doit être examinée.

Ce qui est établi, ce qui est accusé, ce qui reste à prouver

Plusieurs faits sont désormais solidement établis.

D’abord, le NIAID a bien financé EcoHealth Alliance dans le cadre d’un programme sur les coronavirus de chauve-souris. Ensuite, EcoHealth a bien entretenu des collaborations avec l’Institut de virologie de Wuhan. Troisièmement, les recherches concernées portaient sur des virus SARS-related, leur capacité d’entrée cellulaire, leur diversité génétique, leur risque de recombinaison et leur potentiel de transmission à l’homme. Enfin, la communauté du renseignement américaine reconnaissait déjà que l’hypothèse d’un incident de laboratoire était plausible.

Ce que Gabbard ajoute est plus explosif : selon elle, Fauci n’aurait pas seulement été associé à un financement risqué ; il aurait aussi contribué à manipuler le renseignement, à favoriser des experts alignés, à promouvoir un article scientifique utile au récit naturaliste, à réprimer les dissidents internes et à mentir au Congrès.

Ce qui reste à établir définitivement est le lien causal exact entre les recherches financées, le WIV et l’apparition du SARS-CoV-2. La publication Gabbard renforce considérablement le dossier politique de la fuite de laboratoire et de la dissimulation institutionnelle, mais l’identification publique d’un virus progéniteur direct ou d’une chaîne complète de transmission reste le point décisif que les autorités chinoises n’ont jamais permis d’établir.

Les patriotes contre les castes

L’affaire Fauci-Wuhan ne concerne pas seulement le Covid. Elle pose une question fondamentale : qui gouverne réellement dans les démocraties occidentales ? Les élus et les citoyens, ou une caste administrative, scientifique et sécuritaire capable de décider ce qui peut être dit, pensé, financé et su ?

Tulsi Gabbard a agi ici comme une patriote au sens le plus noble du terme : elle a choisi la vérité contre la protection de caste, la transparence contre le secret bureaucratique, la responsabilité contre l’immunité des experts.

Si les révélations de l’ODNI sont confirmées dans toutes leurs implications, l’affaire pourrait devenir l’un des plus grands scandales institutionnels américains depuis des décennies. Elle montrerait qu’au moment où le monde cherchait l’origine d’une pandémie historique, des responsables publics auraient d’abord cherché à protéger leur propre rôle, leur propre réseau, leur propre récit.

Le peuple américain, mais aussi les peuples du monde entier, ont payé le prix du Covid. Ils ont le droit de savoir si la pandémie fut aggravée par l’imprudence d’une recherche financée publiquement, puis recouverte par une opération de dissimulation bureaucratique.

La vérité ne réparera pas les morts, les confinements, les faillites, les vies brisées et la défiance généralisée. Mais elle peut encore empêcher que le même système recommence.

Références