
Le Parlement grec a approuvé dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 juin 2026 une loi visant à accélérer l’expulsion des demandeurs d’asile déboutés et à permettre leur transfert vers des « centres de retour » situés hors de l’Union européenne, dès lors que des accords bilatéraux auront été conclus avec des pays tiers.
La mesure s’inscrit dans le durcissement européen de la politique migratoire : la semaine précédente, les États et eurodéputés de l’UE s’étaient accordés sur de nouvelles règles autorisant l’envoi de migrants sous obligation de quitter le territoire européen vers des centres établis dans des pays non membres de l’UE.
La Grèce est un point d’entrée majeur des migrants vers l’UE,en première ligne lors de la crise migratoire de 2015-2016, lorsque plus d’un million de personnes venues du Moyen-Orient et d’Afrique avaient rejoint l’Europe.
Les arrivées ont diminué depuis, mais les îles de Crète et de Gavdos, proches des côtes africaines, connaissent depuis deux ans une forte hausse des arrivées par bateaux, principalement depuis la Libye. La réforme a été adoptée alors que des groupes pro-migrants et antiracistes manifestaient devant le Parlement grec à Athènes.
Athènes travaille avec les Pays-Bas, le Danemark, l’Allemagne et l’Autriche à la mise en place de centres communs de retour et de transit.
Le ministre grec des Migrations, Thanos Plevris, a indiqué avant le vote que plusieurs États membres discutaient avec des pays tiers afin de conclure de premiers accords dès cette année, pour une mise en service possible des centres en 2027. Il a aussi déclaré que le gouvernement grec avait déjà engagé des consultations avec deux pays africains, sans les nommer.