
Des entités israéliennes, dont le Service pénitentiaire israélien, doivent être ajoutées à la liste du Secrétaire général consacrée aux acteurs soupçonnés de violences sexuelles liées aux conflits.
Cette liste comprend déjà des groupes comme le Hamas, ajouté en 2025 pour les violences sexuelles du 7 octobre 2023 et contre des otages à Gaza, ainsi que des organisations terroristes comme l’État islamique. Le Hamas avait été ajouté au rapport après les éléments recueillis par Pramila Patten sur les violences sexuelles du 7 octobre 2023 et sur les otages à Gaza.
L’inscription dans le rapport du Secrétaire général signifie que l’ONU estime disposer d’éléments suffisamment crédibles pour placer une partie sur la liste des acteurs « soupçonnés de manière crédible » de violences sexuelles liées aux conflits. Ce n’est pas l’équivalent d’un jugement pénal, mais c’est une qualification politique et diplomatique très lourde.
Les éléments
Le cœur du dossier porte sur des accusations de violences sexuelles, humiliations sexuelles, nudité forcée, fouilles dégradantes et abus en détention contre des Palestiniens, notamment dans le contexte de la guerre à Gaza. L’affaire ne concerne pas seulement les opérations militaires à Gaza, mais aussi le traitement des Palestiniens détenus par Israël.
Des rapports onusiens antérieurs avaient déjà décrit des abus et violences sexuelles en détention israélienne, avec une aggravation depuis le 7 octobre 2023.
Les accusations reposent souvent sur témoignages de détenus, ONG, experts de l’ONU, rapports médicaux ou enquêtes internationales.
Réaction d’ Israël
Israël rejette catégoriquement ces accusations, parle d’une décision politique et affirme avoir transmis des documents, des données et des réponses détaillées à l’ONU.
Israël conteste la fiabilité des sources et affirme disposer de mécanismes internes d’enquête. Le nœud politique est donc l’accès indépendant aux lieux de détention et la crédibilité des procédures israéliennes.
L’ambassadeur israélien Danny Danon accuse Guterres de mettre Israël sur le même plan que le Hamas et l’État islamique, ce qu’il présente comme un effondrement moral et une preuve de partialité institutionnelle.
En réaction, Israël a annoncé geler sa coopération avec le bureau du Secrétaire général et annuler la visite prévue de Pramila Patten, représentante spéciale de l’ONU sur les violences sexuelles en conflit.
Précédent
En août 2025, António Guterres avait déjà mis Israël « sous préavis » en évoquant des préoccupations graves concernant des violences sexuelles présumées contre des détenus palestiniens : violences génitales, nudité forcée, fouilles dégradantes et abus en détention. Israël avait alors rejeté ces accusations comme infondées.
Conséquence
L’inscription dans le rapport du Secrétaire général donne une portée institutionnelle supérieure au sujet, susceptible d’être utilisée devant le Conseil de sécurité, les chancelleries occidentales, la CPI ou dans des campagnes de sanctions ciblées.
Le calendrier est politiquement défavorable à Israël. L’affaire intervient dans un contexte déjà très chargé : guerre à Gaza, pressions sur les conditions de détention, accusations de crimes de guerre, montée des critiques contre le gouvernement Netanyahu et rôle controversé du ministre Itamar Ben-Gvir dans la politique carcérale. Les rapports de l’ONU ont explicitement relié l’aggravation des conditions de détention à la période post-7 octobre.