Par Homer Pavlos – https://x.com/HomerPavlos/

En grec, le mot « ethnos » (έθνος) signifie nation. Les ethne (nations) existaient déjà dans l’Antiquité. Hérodote l’a parfaitement exprimé :

« Grec, à la fois homonymes et homonymes, et les institutions des dieux sont communes et les sacrifices aux dieux sont homonymes »(Livre 8, 144)

Ce qui signifie :

« L’identité grecque, le fait d’être du même sang et de la même langue, les sanctuaires communs des dieux et des sacrifices, et des coutumes et modes de vie similaires. »

Hérodote définit l’identité grecque à travers quatre caractéristiques clés :

1. Homaimon (ὅμαιμόν = sang commun) : ascendance ou parenté partagée.

2. Homoglosson (ὁμόγλωσσον = langue commune) : l’utilisation du grec comme facteur unificateur.

3. Theon hidrymata koina kai thysiai (sanctuaires et sacrifices communs) : religion partagée, espaces sacrés et rituels.

4. Ethe homotropa (ἀθή Ἄμοτροπα = coutumes similaires) : traditions, valeurs et modes de vie communs.

Ce passage montre que, pour Hérodote et tous les Grecs, l’identité grecque ne se limitait pas à l’origine ethnique, mais englobait également des éléments culturels tels que la langue, la religion et les coutumes. Il s’agit d’une des premières manifestations de la conscience nationale et d’une des premières formulations de l’identité grecque. Hérodote est le premier à consigner par écrit ce sentiment d’unité fondé sur l’identité grecque et à en donner la définition.

Ce sentiment existait déjà avant lui, puisque les Grecs participaient aux Jeux olympiques et à d’autres jeux, combattaient les Perses en tant que Grecs et connaissaient les « frontières » de la Grèce, et bien sûr ils savaient qu’ils descendaient des mêmes ancêtres et partageaient la même langue.

Hérodote a donc fourni le premier témoignage écrit de ce que nous appelons une nation. Ce concept apparaît fréquemment dans les textes anciens et est antérieur au XIXe siècle, contrairement à ce qu’affirme à tort le marxisme académique ; il préexiste à la société humaine, peut-être même depuis ses origines.

nation = nation, peuple vivant ensemble.

Ce mot apparaît déjà chez Homère pour décrire :

1. un certain nombre de personnes vivant ensemble 2. une entreprise 3. un corps d’hommes

Eschyle a écrit Les Perses (Πέρσαι) en 472 av. J.-C. et nous pouvons lire très clairement :

[ligne 755]« Il se résolut à marcher avec son armée contre la GRÈCE. »[ligne 795] – CHŒUR –« Que dites-vous ? Toute l’armée des barbares n’a-t-elle pas traversé l’Hellespont depuis l’EUROPE ? »[lignes 805-810] – DARIUS –« Là, les pires malheurs les attendent, châtiment de leur arrogance et de leurs pensées qui méprisent le divin. Car lorsqu’ils arrivèrent au PAYS DES GRECS, ils n’eurent aucune honte à dépouiller les statues des dieux et à incendier leurs temples. »

Un homme qui ne défend pas l’héritage de ses ancêtres se battra rarement pour celui des autres quand cela compte vraiment. Il devient alors une proie facile pour ceux qui restent farouchement attachés à des loyautés particulières.

Je crois que ceux qui n’aiment pas leur nation manquent de véritable moralité car ils ont rompu le lien naturel du devoir qui remonte à leurs ancêtres et se transmet à leurs descendants. La véritable vie morale est particulière et hiérarchisée : on honore d’abord le sang, la langue, les coutumes et les sacrifices qui ont rendu son existence possible, puis on rayonne vers l’extérieur. Sans cet amour enraciné, la « moralité » se réduit à un universalisme superficiel et abstrait, aimant chacun de la même manière et, par conséquent, n’aimant personne avec profondeur ni sacrifice. De telles personnes ne peuvent faire progresser leur nation car elles ne la considèrent pas véritablement comme la leur. Elles traitent le déclin démographique, l’érosion culturelle et la mémoire historique de leur peuple avec indifférence, voire avec enthousiasme. Incapables de la loyauté, de la maîtrise de soi et de la responsabilité à long terme nécessaires au progrès civilisationnel, elles deviennent des agents de dissolution plutôt que des bâtisseurs. Une nation ne progresse que grâce à ceux qui ressentent sa survie comme une responsabilité personnelle et sacrée, et non grâce à des cosmopolites déracinés qui assistent à son lent déclin avec une bienveillance détachée.

« Car je te conseille de prendre l’initiative de promouvoir la concorde (homonoia) parmi les Grecs et une campagne contre les barbares ; car la persuasion est juste et bénéfique pour les Grecs, tandis que la force est nécessaire et utile contre les barbares. »– Isocrate, À Philippe §16

Prendre soin de son ethnie (nation) ne signifie pas haïr autrui. C’est un amour guidé. De même qu’on aime légitimement ses propres enfants plus profondément que des étrangers, sans pour autant nier l’humanité d’autrui, on préserve légitimement son héritage civilisationnel. Cette préservation engendre des sociétés stables et fondées sur la confiance, qui, historiquement, ont été sources de beauté, de savoir et d’épanouissement humain. L’alternative (la mondialisation) est le chaos des masses déracinées ou la domination de groupes qui n’ont jamais renié leur conscience ethnique.

L’histoire, pendant que nous discutons ici, s’écrit déjà. Elle sait précisément ce qu’elle écrira sur nous et sur les internationalistes.

La nature, qui s’efforcera de se guérir de ce cancer qui la ronge de l’intérieur, est une loi universelle et cosmique qui régit le flux infini du temps.

Je l’ai dit à maintes reprises et je le répète :

  • Sans peur ni honte, tu aimes ton ethnie et tu luttes jusqu’à la mort pour la survie de ta nation. Non seulement en paroles, mais surtout en actes. Tu deviens meilleur. Tu aides tes semblables qui souffrent. Tu cesses de penser uniquement à toi. Tu te donnes pour objectif principal l’éducation et la maîtrise de tes passions. Tu recherches la vertu afin de devenir un homme courageux et juste.
  • Vous abandonnez votre nation à son destin sans combattre et vous choisissez la voie de l’internationalisme et du mondialisme, où vous luttez et participez activement à la destruction culturelle, historique et génétique d’un héritage millénaire, et vous espérez que nous finirons comme les Sumériens.

Deux choix clairs. Deux voies. Cela n’a rien à voir avec les partis politiques, les étiquettes idéologiques ou les positionnements. Nous ne nous cachons pas. Soit vous êtes avec votre peuple, honorant vos ancêtres morts pour un avenir meilleur, soit vous êtes avec l’ennemi qui cherche à faire disparaître notre culture et notre histoire.

Aujourd’hui, le message d’Isocrate dissipe les illusions modernes. Le choix qu’il présentait demeure le même :

  • Soit les Grecs (et tous les peuples) redécouvrent l’homonoïa, l’unité intérieure fondée sur une ascendance, une langue, une culture et une mémoire sacrée partagées, soit ils se dissolvent dans un internationalisme sans racines et finissent par disparaître dans l’histoire.

Les nations sont le prolongement organique des familles, des tribus et d’une ascendance commune, unies par la langue, la mémoire, la religion, les traditions et une histoire partagée. On ne peut les réduire à de simples lignes arbitraires sur une carte ou à des zones économiques temporaires.

Préserver l’homogénéité d’une nation (continuité démographique, culturelle et normative) n’est pas du sectarisme comme ils veulent vous le faire croire ; c’est la condition pratique à la survie à long terme, à une confiance sociale élevée, à la coopération et à l’épanouissement de la civilisation.

Dans les sociétés où règne la confiance, le fonctionnement est meilleur. Les individus coopèrent davantage, font plus de bénévolat, donnent plus aux œuvres caritatives, respectent plus facilement les lois et investissent dans les biens publics.

Robert Putnam (politologue) a mis en évidence une tendance claire : une plus grande diversité ethnique et raciale est corrélée à une moindre confiance, non seulement envers les personnes extérieures au groupe, mais aussi au sein même de celui-ci. Dans les communautés diversifiées, les individus se replient sur eux-mêmes, se désengagent de la vie civique, votent moins et se sentent moins intégrés.

De nombreuses études reproduisent ce schéma en Europe et en Amérique du Nord. Les sociétés homogènes (Japon, Corée du Sud, Chine) présentent systématiquement une confiance généralisée plus élevée, une criminalité plus faible dans certaines catégories, un consensus plus aisé sur les politiques publiques et des États-providence plus robustes, car les citoyens se perçoivent comme une grande famille plutôt que comme des concurrents ou des étrangers. Lorsqu’une nation perd son homogénéité démographique et culturelle, les coûts de transaction augmentent : renforcement des effectifs policiers, alourdissement de la bureaucratie, multiplication des conflits autour des valeurs et des ressources.

Lorsque les coutumes s’érodent sous l’effet de l’immigration de masse ou des pressions idéologiques, on observe l’émergence de sociétés parallèles, de violences fondées sur l’honneur dans des enclaves marquées par la méfiance, d’une baisse de la natalité parmi les populations autochtones et d’un espace public déserté. L’innovation et l’art peuvent s’épanouir dans certains contextes diversifiés (échange d’idées), mais l’ordre social fondamental et la continuité à long terme reposent sur un noyau de population qui préserve ses traditions.

Vous aimez le Japon, n’est-ce pas ? Tout le monde aime le Japon. Pourquoi ? Parce qu’il est ethniquement homogène.

Le Japon offre un contraste saisissant : une société ethniquement homogène, culturellement affirmée, caractérisée par une faible criminalité, un capital social élevé et un leadership technologique, malgré des défis tels que le vieillissement de sa population. Elle préserve délibérément son identité ethnique. À l’opposé des sociétés qui ont opté pour une diversification rapide et qui font aujourd’hui face à des échecs d’intégration, au déclin de leur population autochtone et à des crises identitaires.

Cela nous ramène à Hérodote et à Isocrate. L’ethnie, c’est « homaimon » (même sang), « homoglosson » (même langue), des sanctuaires partagés et « ethea homotropa » (voies semblables). Aimer sa nation, c’est honorer ceux qui se sont sacrifiés pour elle et transmettre un héritage intact à ses enfants.

Un « citoyen du monde » mondialiste qui considère le patrimoine de son peuple comme interchangeable finit souvent par n’en chérir aucun profondément. Les nations qui l’oublient deviennent de simples notes de bas de page démographiques.

Cette autre approche, une gestion consciente et responsable, engendre les héros, les cathédrales, les philosophies et les libertés qui définissent les grandes civilisations.

Écoutez mes paroles.

Pour préserver la vitalité et l’homogénéité relative de sa nation, il faut privilégier la famille, puis s’engager pleinement dans le monde.

Voulez-vous exister ou préférez-vous connaître le même sort que les Sumériens, c’est-à-dire n’être remémorés que dans les musées ?

L’histoire est impitoyable. Elle enregistre quels peuples ont perduré et lesquels ont disparu.

La nature favorise ceux qui assurent leur propre continuité.

Défendez votre ethnie par des actes, ou regardez-la se dissoudre.

L’expérience humaine penche nettement pour la première voie.

Et je terminerai par une de mes histoires préférées, que je souhaite que vous n’oubliez jamais.

À sa mort, Eschyle demanda à ses proches et à ses amis d’inscrire une épitaphe qui reflète ce qu’il avait défendu dans la vie et les valeurs qui lui étaient chères.

On pourrait penser qu’Eschyle aurait souhaité qu’on écrive qu’il était un grand poète tragique, maintes fois récompensé, et que son œuvre est remarquable. Pourtant, l’épitaphe ne fait aucune mention de ses tragédies ni de ses succès théâtraux – ceux-là mêmes pour lesquels l’humanité se souvient de lui aujourd’hui. Eschyle voulait qu’on écrive ce qui comptait vraiment pour lui.

L’épitaphe se lit donc comme suit :

« Ce tombeau de Gela, terre de blé, abrite la dépouille d’Eschyle, fils d’Euphorion l’Athénien ; le bois de Marathon, et le Mède aux longs cheveux qui le connaît bien, peuvent témoigner de son courage admirable. »— (Source : Athéniens 14, 6)

C’est incroyable…

La seule chose qui importait à Eschyle était de se battre pour la Grèce.

Il combattit les Perses pour la liberté de la Grèce, afin que les Grecs ne soient pas réduits en esclavage. Il considérait cette cause plus importante à ses yeux que sa fonction de grand prêtre des Mystères d’Éleusis (un rôle hérité de son père), et mourir pour la Grèce avait pour lui une signification plus grande que toute la gloire acquise grâce à ses magnifiques œuvres poétiques. Il ne souhaitait pas qu’on se souvienne de lui sur sa tombe comme d’un tragédien, mais comme d’un guerrier ayant combattu à Marathon.

Voilà la différence.